En attendant Bojangles


En attendant Bojangles


"Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur "Mr. Bojangles" de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n'y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis... "



"Certains ne deviennent jamais fous. Leurs vies doivent être bien ennuyeuses." Charles Bukowski.

C'est ainsi que débute le livre d'Olivier Bourdeault qui nous fait entrer dans la vie d'une famille loufoque, dont le personnage central, Louise, la mère, est raconté tour à tour par son mari, Georges, et son fils. "Celle qui donne le ton, qui mène le bal, c'est la mère, le feu follet imprévisible et extravagant."
Une famille originale donc, composée de ces trois personnages ainsi que Mlle Superfétatoire, un oiseau exotique qui déambule dans l'appartement. 
Le début du livre nous narre leur quotidien dénudé de tout élément négatif "quand la réalité est banale et triste, inventez-moi une belle histoire, vous mentez si bien, ce serait dommage de nous en priver". Tout est source de plaisir, de rigolade et de bonne humeur pour l'ensemble de la famille. On danse constamment, notamment sur le fameux titre de Nina Simone, "une musique pour les sentiments". Monsieur appelle Madame d'un prénom différent chaque jour, "Donnez-moi le prénom qui vous chante ! Mais je vous en prie, amusez-moi, faites-moi rire...". 
Cette excentricité est parfois mise à mal par le reste de la société. C'est le cas par exemple pour le fils lorsqu'il se retrouve à l'école. "Lorsque je racontais ce qu'il se passait à la maison, la maîtresse ne me croyait pas et les autres élèves non plus, alors je mentais à l'envers. Il valait mieux faire comme ça pour l'intérêt général, et surtout pour le mien". Finalement, les parents décident de lui faire bénéficier de "sa retraite anticipée" et lui proposent une éducation au domicile. Une vie à trois - ou plutôt quatre n'oublions pas Mlle Superfétatoire ! - où viennent se greffer des amis régulièrement pour des soirées ainsi que l'Ordure, le meilleur ami, sénateur à ses heures perdues. "Le sénateur avait un drôle de train de vie. En rentrant il disait que son métier était beaucoup plus drôle avant la chute du mur, parce qu'on y voyait beaucoup plus clair. J'en avais déduit qu'il y avait eu des travaux dans son bureau, qu'on avait cassé un mur et bouché les fenêtres avec."

Puis le temps passant, plusieurs événements se produisent. "Un jour, elle va trop loin. Père et fils feront tout pour éviter l'inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte"...

J'ai beaucoup aimé ce livre car il nous emmène dans un monde différent . Un monde de légèreté et de plaisir, certes en décalage par rapport à la vraie vie, mais qui fait du bien ! Puis vient le moment où la différence entre extravagance et folie n'est plus si claire... 
Il m'a semblé intéressant d'avoir deux personnages à nous raconter une même histoire. Le point de vue du fils, en admiration devant sa mère, qui nous narre son quotidien avec beaucoup d'humour - les jeux de mots sont excellents !- , puis le point de vue du père, lui aussi admiratif et amoureux fou de sa femme mais à la fois plus réaliste sur la situation.

150 pages, c'est très facile à lire et ça fait un bien fou !